Ideco marketing : Etudes & Conseils Marketing - Y a t'il un management féminin ?
Y a t’il un management féminin ?

Il y a aujourd’hui plus de 570 000 femmes chefs d’entreprise en France. Chaque année, plus de 80 000 femmes créent ou reprennent une entreprise. Ces chiffres progressent en toute logique régulièrement chaque année, caractéristiques à la fois d’un phénomène de rattrapage et d’importance des femmes actives dans l’économie..

La nomination de Pat RUSSO à la tête de la nouvelle entité issue de la fusion Alcatel - Lucent, après la Présidence du MEDEF ou d’ AREVA par une femme font gravir une étape de plus. Pour la 1ère fois, une femme dirigera une entreprise membre du CAC40 et sera à la tête de 80000 salariés.

Dans une telle nomination, qu’est ce qui est du à l’apport d’un « réseau d’influences », qu’est ce qui est du à la compétence ? On sait que les femmes sont moins « politiques » que les hommes qui viennent souvent au pouvoir, suite à l’activation de réseaux ; les femmes n’ont souvent pas encore eu le temps de construire des réseaux qui les portent. Cela change, mais prend du temps. En attendant, doivent elles prouver plus leurs compétences que les hommes ?

En 2005, le cabinet Caliper a mené une étude en Grande Bretagne sur 49 top dirigeants et dirigeantes. Il s’agit d’un test de personnalité « classique » utilisé par des milliers d’entreprises. Sur pratiquement tous les critères étudiés, affirmation de soi, flexibilité, sociabilité, raisonnement abstrait, ...les femmes ont de meilleurs résultats que les hommes. Dans leurs relations avec les fournisseurs, les clients, les partenaires (banquiers, actionnaires,...), elles sont reconnues et crédibles. Il ne s’agit plus de parler de séduction ou d’intuition féminine, mais de compétences. Si l’on entend souvent « Etre dirigé par une femme, pourquoi pas ,à condition qu’elle soit compétente », on peut aller au delà et tirer des différentes études de marketing interne conduites par IDECO, quelques caractéristiques fortes du management féminin :

-  La volonté, le souci d’entrer dans le détail, le rejet du superficiel, le goût de la précision, du travail bien fait et pas « globalement fait ». La femme est méthodique, s’intéresse autant, sinon plus au comment qu’au combien. La femme est très sensible à la compétence professionnelle, à l’esprit d’équipe, à la loyauté, à la vision de l’entreprise.

-  Sa capacité d’ organisation. Les femmes qui dirigent ou les femmes cadres savent s’organiser, comme toutes les femmes qui travaillent : s’organiser, c’est planifier, anticiper, travailler de façon intense et concentrée toute la journée. Le tout avec la volonté de ne pas sacrifier sa vie familiale.

-  Le souci de savoir s’entourer, de créer un climat .Ne pas essayer de copier les hommes ; même s’il y a une part de masculinité qui se développe chez les femmes, (mais il en est de même pour la part de féminité chez l’homme), la femme doit rester elle même, ne pas user d’artifices masculins.

-  Ne pas être insensible au rôle de la séduction mais ne pas jouer sur ce seul critère. Faire attention aux hommes paternalistes qui voudraient prendre les femmes sous leur protection !

-  Ne pas oublier la recherche d’épanouissement personnel

Un sondage CSA le Parisien, d’octobre 2005 montre que le fait d’être dirigé par une femme est une question qui se pose de moins en moins chez les jeunes, ce qui n’est pas encore le cas chez les plus âgés, qui le notent, le remarquent, disent que c’est bien , mais comme un fait encore original. A noter qu’être dirigé par une femme est préféré par les salariés du privé que du public (47% contre 33%). Outre l’acceptation de la femme comme manager, faut il les « limiter » aux activités tertiaires ou aux postes liés à la communication, les RH, le marketing, la gestion, le commercial ? Ce serait une erreur.

Il n’y a pas postes, de fonctions ou d’activités réservées au management féminin ; il y a des femmes qui encadrent, qui dirigent, qui appliquent les mêmes règles de gestion, de management mais avec une façon de faire, une attention, une vision, différentes de celle des hommes. Le plus important est que, comme pour les dirigeants hommes, l’initiative, le pouvoir d’entreprendre soient libérés.